jeudi 2 janvier 2014

Pourquoi les gens échouent leur résolution de remise en forme?

Une nouvelle année qui commence rime souvent avec nouvelles (ou anciennes) résolutions pour une remise en forme! C'est le temps de l'année où le gym est rempli, et où c'est compliqué s'entraîner car toutes les machines, tapis, vélos et bancs sont occupés par cette horde de gens pleins de bonne volonté. Rien pour les encourager dans cette atmosphère bondée et on va se le dire, désagréable. Mais cette atmosphère est bien souvent passagère et s'estompe après 4 à 6 semaines, moment où les gens perdent leur motivation et où on retrouve la clientèle régulière. Chaque année c'est la même chose! Mais qu'est-ce qui explique ce phénomène?

Les gens décident de s'inscrire dans un gym pour plusieurs raisons, la première étant souvent pour perdre du poids. Certaines personnes le fond pour des raisons esthétiques, d'autres pour des raisons de santé. À l'inverse, certaines personnes s'inscrivent au gym pour prendre du poids, de la masse sous forme de muscles. D'autres vont le faire simplement parce que c'est une tendance, car de plus en plus, dire qu'on va au gym, ça parait bien. Chacun son combat!

Tous ont quelque chose en commun, ils veulent changer! Généralement, les courageux du Nouvel An sont des gens sédentaires, et souvent, leur alimentation laisse à désirer. Après tout, on ne vient pas qu'à engraisser de 10-20 livres du jour en lendemain sans raison. Ça se fait graduellement, sans qu'on le remarque, de manière très sournoise et ça demande une restructuration complète et durable des habitudes de vie. Et c'est une des raisons principales qui explique pourquoi les gens perdent leur motivation rapidement. Ce qu'ils ont pris comme poids en quelques années, ils espèrent le perdre en quelques semaines. Les gens veulent de gros résultats, rapidement, avec le minimum d'effort. Malheureusement, ce n'est pas possible. Des gros résultats, et rapidement, ça prend énormément d'effort, de persévérance et de sérieux. Pas de remède miracle ici.

La première étape vers une remise en forme réussie est un bon plan. Il faut un objectif clair et surtout quantifiable. Il faut éviter de se fixer des objectifs comme "perdre du poids", "être plus en forme", "bouger plus" ou "s'entraîner 3 fois semaine". Le dernier objectif, s'entraîner X jours par semaine est un objectif classique des gens. Bien que ce soit mesurable, c'est le genre d'objectif qui mène directement à un échec, pour la simple et bonne raison que c'est un objectif "plate" duquel il est facile de perdre le focus et surtout l'intérêt. 

Il est préférable de se fixer des objectifs où on peut mesurer une progression et où on peut voir la victoire se pointer le bout du nez, où on peut être fier et se dire "wow, j'ai réussi!" Des objectifs comme "perdre 3 livres au mois de janvier", "être capable de courir pendant 25 minutes d'ici 2 mois", "être capable de faire 20 push-ups d'ici 1 mois", "être capable de faire 20 km de vélo d'ici 3 mois" sont de bons exemples d'objectifs. Ils sont mesurables, et ont une durée dans le temps limitée, ce qui permet de voir facilement la progression. Ça donne moins l'impression de s'entraîner dans le vide, et ça permet de garder l'intérêt.

La deuxième étape vers une remise en forme réussie est de fixer un objectif réaliste. On a beau avoir un objectif mesurable, s'il est trop facile, ou hors de portée, les risques de se démotiver sont grands. Rien est pire pour le moral que d'encaisser échecs après échecs. Si par exemple on vise de perdre 3 livres d'ici 12 mois, il y a de très grands risques d'échec pour quelqu'un au mode de vie sédentaire, même si l'objectif semble facile. Soit que les gens vont perdre le 3 livres tellement rapidement qu'immédiatement après avoir réussi, ils vont relâcher l'entraînement, retourner à leur vieilles habitudes et reprendrent les livres perdues, sans avoir changé leur mode de vie. Soit que les gens vont tellement progresser lentement à cause d'efforts simplistes qu'ils vont se décourager des résultats en cours de route et vont abandonner. L'inverse est aussi vrai. Une personne sédentaire voulant courir 21 km dans 3 semaines risque de manquer de temps, échouer son objectif, et être déçue, même si cette personne s'est entraînée très fort pendant toute la période d'entraînement. Il faut donc être réaliste et ne pas vouloir prendre de raccourcis. 

La troisième étape vers une remise en forme efficace est d'organiser son horaire. Les gens ont toujours de bonnes et légitimes raisons pour ne pas avoir le temps de se remettre en forme. Les plus fréquentes sont la famille ou le travail. Évidemment, s'entraîner prend du temps. Il faut considérer le temps pour préparer son linge, se rendre au gym, se changer, faire son entraînement, se doucher, s'en revenir, partir le lavage du linge d'entraînement, etc. Un entraînement d'une heure prendra possiblement 1h45 en tout. C'est important de le planifier dans sa journée sinon les gens auront l'impression d'être à la course, de manquer de temps, et l'expérience de l'entraînement ne sera pas positive. Malgré tout, des mères monoparentales avec jeunes enfants, qui travaillent 40 heures par semaine et qui s'entraînent 4 fois par semaine, ce n'est pas un mythe. La preuve, c'est qu'il y a des garderies dans certains gyms, il existe des poussettes de Course, et il existe de nombreux programmes d'entraînement de groupes pour jeunes mamans. Outre la durée qu'on doit planifier, il y a aussi le moment de la journée, et les journées où s'entraîner dans la semaine. Il est très important de planifier ses séances à l'avance à son horaire sinon la vitesse du quotidien l'emportera.

La quatrième étape vers un retour à l'activité physique est l'alimentation, surtout quand on vise une perte de poids. C'est extrêmement facile de gâcher un entraînement d'une heure avec une boîte de Smarties et une deuxième assiette au souper. À l'inverse, il est extrêmement facile de perdre 10 livres en un mois en réduisant dramatiquement les quantités de nourriture dans les repas et mangeant de la salade, des carottes et du céleri sans arrêt. Chasser le naturel et il reviendra galop! L'important est de manger sainement, à sa faim, et de manière équilibrée. Se priver de nourriture est très démoralisant, et les risques de rechutes sont immenses. Il existe des techniques très utiles pour changer son alimentation correctement. Par exemple, faire un journal alimentaire durant 2 ou 3 jours permet de bien visualiser sa situation, et où apporter des correctifs, en fonction de ses objectifs et de ses besoins énergétiques. L'alimentation est un sujet très complet et complexe, et de bons ouvrages existent pour bien comprendre les enjeux. Un de ceux-ci est disponible ici: Nutrition sport et performance

Finalement, la dernière étape pour réussir nos résolutions de début d'année est de faire des suivis sur nos échecs et nos victoires. Échouer un objectif n'est pas dramatique, et ça arrive souvent. L'important est de comprendre pourquoi l'échec s'est produit. Avec un objectif quantifiable, et un plan précis, c'est beaucoup plus facile! Mes entraînements étaient-ils trop faciles, trop difficiles? Est-ce que je me suis entraîné trop souvent, ou pas assez souvent? J'ai tout fait mais échoué quand même, peut-être que mon programme n'était pas adéquat? En faisant des suivis ou bilans régulièrement, on est en mesure de voir si nous sommes en bonne voie de réussir l'objectif, ou de comprendre pourquoi ça n'a pas marché. Lorsqu'on échoue un objectif, l'important est de s'en fixer un nouveau, possiblement moins agressif, et de tenter de corriger un seul des points problématiques identifiés dans le bilan ou les suivis. Rien ne sert d'attaquer plein de problèmes en même temps. Il est déjà assez difficile de continuer à répéter nos bons coups!

Vous avez maintenant en main de bons outils pour vous attaquer à ce fameux objectif de "se remettre en forme cette année"! Bon entraînement!

dimanche 6 octobre 2013

Le livre "Courir mieux", mon verdict.

Après quelques saisons de course à pied, j'ai développé une passion pour ce sport. Avant le développement de cette passion, j'ai commencé la course à pied comme une grande majorité de gens, c'est-à-dire en courant un peu de manière improvisée, quelques journées par-ci par-là, sans mesurer mes entraînements. Normalement et malheureusement, c'est aussi là que ça s'arrête pour la majorité des gens. Certains rares continueront la course à pied pendant des années de manière récréative en s'entraînant de manière improvisée.

Normalement les gens passent à un stade supérieur en suivant ce qu'on appelle un programme d'entraînement, qui a pour objectif de structurer les entraînements. Ils sont basés sur l'expérience d'entraîneurs qui ont fait leur nom sur la scène nationale ou internationale. Ces programmes sont aussi influencés par les recherches les plus récentes sur la science de l'activité physique, de la médecine, de la biomécanique, de la nutrition et j'en passe. Et c'est à ce moment que commence la difficile épreuve de trouver les livres les mieux adaptés à notre niveau et à notre pratique. Ma dernière trouvaille est "Courir mieux".



Il est toujours intéressant de savoir qui a écrit le livre, quel est son bagage et ses influences. Dans ce cas-ci, il s'agit de Jean-François Harvey. Il est kinésiologue, ostéopathe et professeur en ostéopathie. Évidemment, il est un passionné de course à pied, qu'il pratique depuis 30 ans, sans compter toutes les conférences qu'il donne sur le sujet. 

Ce qui distingue ce livre par rapport à d'autres que j'ai lu est son background en science de la santé (kinésiologue, ostéopathe). Ça transpire énormément dans son livre, parfois un peu trop, mais généralement de façon bien dosée. Le thème global de son livre est basé sur tout ce qui concerne la posture du corps humain. De son point de vue, le point de départ dans la course à pied n'est pas les pieds, mais bien le tronc (ceinture abdominale). Toujours de son point de vue, autant les blessures et les mauvaises techniques de course trouvent souvent leur origine au niveau de la posture et de la force de la ceinture abdominale. Par exemple, des douleurs aux pieds, ou aux genoux, ne sont pas nécessairement causés initialement par une mauvaise technique, mais bien par une posture qui est problématique à la base et qui empêche le coureur d'adopter une foulée optimale et sécuritaire. C'est très rafraîchissant comme philosophie de course!

Je séparerais le livre en 4 thèmes.

Le premier thème est composé des chapitres 1 et 2. Il s'agit essentiellement d'un voyage historique sur les fondements de la course à pied et de l'évolution de l'homme à travers le temps. L'auteur y présente aussi un chapitre sur un séjour fait en Afrique afin d'étudier les meilleurs coureurs de la planète et comment leur entraînement, mode de vie et carrément leur physionomie est différente de ceux des occidentaux. Bien que très intéressant pour la culture générale, il n'y a pas grand chose à aller chercher au niveau de la course à proprement dit.

Le deuxième est composé des chapitres 3 à 5 et aborde principalement les aspects théoriques permettant de "Courir mieux". Ces chapitres sont très fortement influencés par sa profession de kinésiologue. Bien que pas nécessaire, il est utile de connaître au minimum l'anatomie du corps humain pour bien comprendre ce thème. Des sujets comme la posture, la position et le mouvement des bras, le mouvement des jambes, l'appui des pieds au sol, la cadence, l'importance et le rôle du tronc et de la ceinture abdominale sont abordés pour donner des trucs pour améliorer sa technique de course à pied. Un chapitre très d'actualité est consacré aux chaussures et il y apporte des points extrêmements intéressants dans le fameux débat "chaussure minimaliste VS pieds nus VS chaussure moderne". Son apport de kinésiologue est très pertinent dans ce chapitre, tout comme les résultats de ses observations en Afrique sur les coureurs d'élite.

Le troisième thème est orienté vers la pratique, et aborde les plans d'entraînement et surtout, des exercices spécifiques (90 en tout!) pour les coureurs et qui ciblent les catégories suivantes: flexibilité, mobilité, posture, renforcement, respiration, exercices techniques et auto-entretien Les exercices sont bien présentés, bien imagés et faciles à comprendre. Des séquences d'exercices sont aussi suggérées, et à quel moment les faire dans les programmes d'entraînement hebdomadaires de course à pied. J'ai aussi trouvé que cette section se démarque par rapport à d'autres livres comme "Courir au bon rythme" (qui est ma bible soit dit en passant). Je trouve intéressant la présence de "warm-up" et de "cool down" dans les séances d'entraînement, qui sont souvent exclus des autres ouvrages. Mais l'attrait majeur de ce livre reste quand même à mon avis la portion sur les exercices pour coureurs, qui viennent directement travailler les points importants des aspects théoriques du deuxième thème. J'ai personnellement commencé à faire les exercices de renforcement et de posture, et le travail fait au niveau des muscles stabilisateurs est super efficace et permet de cibler des zones "endormies" de notre corps. Ce troisième thème vaut à lui seul l'achat aveugle du livre.

Finalement, le dernier thème aborde les blessures typiques des coureurs. Bien imagé, ce dernier thème regroupe les douleurs et blessures de la tête aux pieds, en y expliquant les causes typiques, les traitements possibles, et les exercices du troisième thème à faire pour venir corriger ce qui a mené à ces blessures. Pour avoir personnellement souvent cherché ce type d'information sur Internet, c'est très difficile à trouver, surtout l'information spécifiquement reliée à la course à pied. Le backgroup de kinésiologue est une fois de plus très pertinent dans ce dernier thème.

Mon verdict? Livre a acheter pour les gens curieux, qui aiment comprendre le fonctionnement des choses, et qui ont un intérêt dans l'amélioration de leur technique de course à pied autant pour améliorer leurs performances, que pour éviter les blessures et carrément, pour mieux apprécier la course à pied en général. Les plans d'entraînement sont un peu complexes pour quelqu'un qui commence son premier programme d'entraînement de course à pied (ils s'approchent beaucoup de ceux du livre "Courir au bon rythme 2", qui est sorti le mois passé, et qui est adressé aux coureurs ayant au moins deux ans d'exérience). Je suggère davantage le livre "Courir au bon rythme 1" pour quelqu'un qui commence, il est plus facile d'accès, plus motivant, et met l'emphase sur les programmes d'entraînement dans le but de développer de bonnes habitudes et d'intégrer la course à pied comme mode de vie. Malgré tout, un débutant pourrait profiter pleinement des exercices spécifiques pour coureur!

Bonne lecture!

samedi 28 septembre 2013

Mon premier marathon.

Dimanche matin, 22 septembre, 4h45 AM, le cadran sonne. Il fait encore noir dehors. Il y a de ces matins où tu te réveilles, peu importe le nombre d'heures de sommeil dans le corps, et où tu es top shape, comme si tu venais de dormir 4 jours. Eh bien ce n'était malheureusement pas un matin comme ça. Dommage, ça aurait bien commencé la journée!

Sans que ce soit la pire nuit de ma vie, j'aurais bien dormi quelques heures de plus. Malheureusement, le début de la course est à 8h30, et je dois manger au minimum 3 heures d'avance sinon je vais courir les toilettes le long du parcours, c'est le cas de le dire (joke de course, douteuse).

Dernière chance de faire le plein de glucides. (Les glucides c'est pas mal cool, ça se stock d'avance dans le foie et dans les muscles, et ça t'évite de perdre connaissance quand ça fait plus de 3 heures que tu pousses la machine). Dernière chance de faire quoi que ce soit pour me donner une chance. Rendu là, j'ai 9 mois de préparation et une semaine de repas de pâtes dans le corps, sans compter tout mon stock de préparé la veille. C'est con mais t'es assez stressé un matin comme ça, que c'est pas le temps d'être en mode planification. C'est mieux d'être sur le pilote automatique.

La seule chose qui me reste à faire c'est d'écrire sur mon bras mes temps de passage voulus à chaque tranche de 5 km. Parce que oui, même quand t'as pas vraiment d'objectif, secrètement t'en a un. (Évidemment les temps de passage sont calculés la veille. C'est pas le temps de faire des maths le matin de la course. Pilote automatique!).

Une chose qu'il faut savoir le matin d'une grosse course comme celle qui se passe à Montréal, c'est que même si tu vas aux toilettes 3 fois avant de quitter l'apparte, tu vas devoir y aller une fois de plus pour pisser ton stress. Évidemment, ça va te pogner au moment exact où tu vas te souvenir qu'il y a 40 toilettes pour 32 000 personnes. Évidemment, quand la course commence dans 45 min. (Tu peux pas t'empêcher de faire des maths, d'estimer le lineup à 80 personnes par toilette, à espérer qu'au mieux c'est 1 minute par personne, et à arrêter de calculer quand tu vois que anyway, t'auras pas le temps).

Et là tu te fais une trail dans le monde, question d'arriver dans les premiers pour monter sur le pont Jacques-Cartier pour aller attendre en premier rendu dans la zone de départ qui t'es attribuée en fonction de ta vitesse de course. Même si t'as 42.2 km à te taper, t'as quand même 5 km de marche à faire avant entre le métro et la ligne de départ. C'est un peu crissant. 

En avançant près des zones de départ, joie immédiate et ultime, il y a deux toilettes par zone de départ! Comme t'es dans les premiers à arriver (les autres attendent encore dans le lineup des toilettes en bas, you know?), ton lineup est de 4 personnes. YES! 

TOUT EST PARFAIT.

Et là il commence à pleuvoir. Et il fait 8 degrés. Et t'es sur le pont Jacques-Cartier dans le gros vent sal. Et là tu regardes ta montre, et il reste encore 25 minutes avant le départ. Et là tu regardes le gars à côté de toi, qui se gèle, et qui te regardait drôle avant que la pluie commence quand t'es arrivé avec ton sac à vidage sur le dos qui descendait jusqu'à la mi-mollet, avec des trous pour les bras et la tête. Et là t'es un peu moins à la pluie, un peu moins à 8 degrés, et un peu moins dans le vent que lui. Et tu vois les moins chanceux qui ont pas eu le temps d'aller aux toilettes qui pissent sur le pont straight pipe pas de stress. Les filles aussi.

C'est un départ! Le stress tombe à zéro, le pilote automatique embarque. Tu fais ce que t'es pratiqué à faire depuis 9 mois. Sauf que tu t'es pas vraiment pratiqué à éviter les flaques d'eau parce que quand c'est le déluge, d'habitude tu reste dans ton divan. Mais là, point de divan il y a. Point de soleil non plus. Ça fait que t'as les bas tout trempe à cause des trous d'eau dans les 10 premiers kilomètres.

Rendu proche de la fin du demi-marathon, tu commences à voir des gens traîner de la patte trempe. Et là tu te dis que t'as encore la même distance à faire en plus. Mais quand même, ça donne un boost à l'égo quand tu vois la pancarte avec une flèche à droite qui dit "DEMI-MARATHON" et une flèche à gauche qui dit "MARATHON". Et c'est là que ça commence pour vrai. Et c'est là que tu te rends compte que presque tout le monde tourne à droite. Sauf le petit vieux qui passe en flèche vers la gauche. Réduction du boost à l'égo. Là t'essaies de te dire que c'est parce que lui ya plus d'expérience, qu'il pèse 50 lbs de moins que toi et que c'est normal qu'il aille plus vite que toi. En bout de ligne, ya quand même plus que le double de ton âge.

Le corps humain est fait pour courir environ 30-32 kilomètres. Après ça, le corps commence à mal réagir. Les douleurs commencent. Les glucides que t'as stockés pendant 1 semaine commencent à être près de pu de glucides stockés pentoute. Au moins ya les Gatorades et les gels Louis Garneau remplis de sucre qui te tiennent aller. Mais ceux qui ont pas mangé des pâtes pendant une semaine, et qui ont pas de Gatorade, et qui ont pas de gels, eux sont en train de commencer à marcher. D'autres s'étirent accotés sur des poteaux de téléphone pour chasser la douleur. Et c'est là que tu t'emballes parce que toi t'as pas fait les même erreurs que eux. Et là tu clanches. Tu clanches à un point où tu es en avance sur tes temps de passage qui commencent à s'affacer de ton bras à cause de ladite pluie-qui-a-gâché-ta-vie-les-dix-premiers-kilomètres. Et là tu te dis que les dix kilomètres qui restent vont être easy shot. Et là 1 km plus loin, tu entres dans une zone que seuls les marathoniens connaissent. Finalement, les derniers kilomètres seront pas si évidents que ça. Surtout que c'est terminé le temps où tu clanchais le monde. Surtout que t'as pu de gels Louis Garneau (product placement). Ni de Gatorade (product placement). Pour remplacer tout ça qui te manque, t'as un beau petit mal de coeur qui commence. T'es aussi un peu buzzé, vraiment sur le pilote automatique. Tu te demandes si t'es sur l'aller ou le retour du grand boute drette entre le Parc Lafontaine et le Parc Olympique. T'as mal partout dans les jambes. T'as aussi mal à un gros orteille que tu sais pas encore qu'il va être noir en-dessous de l'ongle même une semaine après la course.

Le truc rendu là, c'est de regarder le nombre de kilomètres à faire pour finir et de te souvenir ça correspond à quoi.

Il reste un tour de Lac Osisko.
Il reste un tour de Lac des Nations.

Et là, il reste deux kilomètres. Tu vois le chiffre 40 sur ta montre. Et là il commence à avoir du monde en crime chaque bord des clôtures. Parce que oui, le deuxième demi-marathon est pas trop rempli de monde pour encourager. Ça fait remonter le morale que t'as pu depuis un ti boute. Faut croire que le monde qui font la première partie du marathon font moins dur que ceux qui font la deuxième partie en plus.

Et là plus ya de monde qui encouragent, plus l'espace pour courir est moins large. Et plus t'as l'impression d'être en train de gagner la médaille d'or de la confédération des planètes. C'est le temps d'un dernier sprint. Tu regardes ta montre et t'es à 42.6 kilomètres, et ça fait te pas mal chier de pas avoir le compte exact. Surtout que tu t'es tapé 5 km de marche avant le départ.

Ligne d'arrivée à l'horizon. Ya une toune de Britney Spears par rapport qui décolle sur ton lecteur MP3 dans ta grosse playlist de musique random pour courir. Pis là tu te dépêches à skipper la toune pour pas arriver à la ligne d'arrivée en tapette. Fort Minor Remember the name qui décolle. Calisse oui!

Et là, t'es un marathonien. Tu réalises pas trop ce que ça veut dire, si ça veut dire de quoi. Mais la chose que tu sais, c'est que tu te retiens un peu, parce que ça donne des émôôtions accomplir un objectif pour lequel tu travailles depuis 9 mois. En fait t'as peut-être envie de verser une tite larme parce que t'as crissement mal aux jambes. Oui c'est pour ça, c'est exactement pour ça!

Et là, la récompense ultime. 42.2 km de combat. Tu la mérite en maudit.


Mais là juste avant, t'es pogné pour récupérer ça.





vendredi 30 août 2013

En route vers mon premier marathon: le dernier droit!

Après 1500 km d'entraînement dont 6 demi-marathons, il ne reste qu'environ 3 semaines à ma saison 2013 de course à pied qui prendra fin lors du Marathon de Montréal le 22 septembre prochain. Tout est en place pour mon plus grand succès personnel à vie. J'ai travaillé fort et j'ai respecté mon plan d'entraînement à 100%, sans tourner aucun coin rond. Je suis très fier de la rigueur avec laquelle je me suis préparé.

Malgré tout, les inquiétudes commencent à se pointer le bout du nez. Depuis quelques semaines, je sens la fatigue physique et mentale apparaître. Vers la fin de mes 3 saisons précédentes, j'ai vécu ces mêmes sensations alors j'essaie de ne pas trop m'en faire avec celà. Ce qui m'inquiète le plus est la façon dont mon corps va se comporter le jour du marathon...

Deux fois cette année j'ai dépassé la distance du 21.1 km. La première fois dans un 23 km qui s'est bien passé, et une fois un 25 km, où les deux derniers km ont été atroces. Ma condition physique était bonne, et j'avais encore beaucoup d'énergie pour continuer, mais des douleurs à la cheville gauche, au genou droit et à la hanche droite m'ont causé pas mal de troubles, au point où je me demandais si j'allais réussir à compléter mon entraînement. Heureusement, quelques heures après, tout était rentré dans l'ordre. C'était des douleurs temporaires, mais si elles se reproduisent durant le marathon, je ne sais pas comment je pourrai compléter la distance de 42.2 km. Après cette expérience du 25 km, j'ai refait quelques fois des distances de 18 km et plus sans aucun inconfort, alors ça m'encourage.

D'ici la fin de ma saison, il me reste un seul gros entraînement, et c'est demain! Ce sera mon premier 30 km à vie, et aussi une façon de bâtir ma confiance pour la distance du 42.2 km qui m'attend à Montréal fin septembre.

Pour ce 30 km, je vais reproduire ma routine de course. Trajet planifié, météo vérifiée, lecteur MP3 et montre GPS chargés, vêtements de jogging préparés la veille, etc. D'habitude je fais mes entraînements de fin de semaine en début d'après-midi. Afin de maximiser ma préparation, mon entraînement de demain et mes prochains entraînements de fin de semaine débuteront à 8h30 AM, heure du départ au Marathon de Montréal. Pour les gens comme moi qui sont à risques de "problèmes" intestinaux durant les longs entraînements et qui doivent planifier assez de temps entre un repas et un entraînement, c'est une bonne chose de commencer à s'habituer à se lever, à manger et à fournir un effort intense dans les mêmes heures que lors de la course officielle.

Ça y est, c'est le dernier droit! Si tout va bien demain, je pourrai ajouter à ma préparation physique adéquate énormément de confiance. Et si ça ne se passe pas bien demain, j'aurai au moins une préparation physique adéquate! On contrôle ce qu'on peut contrôler! On se croise quand même les doigts qu'aucune douleur ne vienne tout gâcher!

[UPDATE]
Victoire!


vendredi 14 juin 2013

En route vers mon premier marathon: début de la deuxième phase d'entraînement!

Il y a 8 semaines j'ai débuté la première phase officielle de mon programme d'entraînement. Cette phase servait normalement de "mise en forme" avant la phase "d'entraînement spécifique" qui commence la semaine prochaine pour une durée de 14 semaines, dans le but d'arriver à mon "peak" exactement pour le Marathon de Montréal le 22 septembre prochain.

Pour être franc, mon 8 semaines de "mise en forme" s'est davantage avéré une période de récupération. Les 16 semaines précédentes, depuis le 1er janvier en fait, j'avais recommencé à courir sur tapis intérieur de façon improvisée, mais avec une charge hebdomadaire beaucoup plus élevée que ma période de mise en forme. J'étais donc prêt pour cette mise en forme!

Le seul point négatif est la douleur que j'ai à la cheville depuis déjà 2 mois. J'aurais aimé que ça s'améliore, mais malheureusement, tant que je continue la course à pied, ça ne sera pas le cas. J'ai pris la décision de prendre du repos après ma saison en octobre. Le seul point positif est que la situation est stable: douleur et raideur le matin en me levant et aucune douleur dans la journée, même durant mes entraînements. J'ai eu la chance de la stresser avec succès lors d'une épreuve officielle de 10 km dont un bon kilomètre dans le sable, en battant même mon record personnel de près de 2 minutes. Étonnant vu mon entraînement qui est loin de m'amener à améliorer mes performances sur une distance de 10 km mais qui se veut un moyen d'allonger mes distances à une vitesse plus lente.

C'est maintenant l'heure des choses sérieuses. Durant les dernières 14 semaines de préparation qui me font face, la charge hebdomadaire augmentera pour m'amener à frôler les 6 à 7 heures de course à pied par semaine. Si je me tiens loin des blessures et que mon corps ne me lâche pas, je ne vois pas de problème à l'horizon.

Durant mes entraînements des dernières saisons pour les épreuves de 21 km, j'avais toujours une "pratique" de 21 km à faire quelques semaines avant l'épreuve officielle de fin de saison. Je savais donc à quoi m'attendre lors de l'épreuve, en ayant pas le stress de me demander si j'allais être en mesure de courir la distance au complet. Cette fois-ci, la plus longue sortie à mon programme est prévue pour environ 28-30 km, ce qui est loin de ce que j'aurai à faire lors du Jour J. Ce 15 km supplémentaire que je n'aurai jamais expérimenté est la portion où les gens abandonnent normalement. Il faut être réaliste, malgré une préparation sérieuse avec beaucoup de rigueur, la victoire n'est pas garantie. Une très grande portion des gens ne sont pas en mesure de compléter la distance de 42.2 km lors de l'épreuve, doivent abandonner et se dire "à l'an prochain". Contrairement à une distance de 21.1 km où c'est possible de finir l'épreuve de peine et de misère en ne fonctionnant plus que sur les orgeuil-points, le 42.2 km est une épreuve mythique où le corps abandonne parfois, et où les gens tombent littéralement au sol, sans énergie pour se tenir debout.

J'ai fait confiance à mon programme d'entraînement durant les 3 dernières saisons avec des résultats à la hauteur de mes attentes, alors je dois continuer à faire confiance à mon plan malgré mes inquiétudes.

Un pas à fois!





jeudi 16 mai 2013

Sports Expert, la suite!

Dans ma publication précédente (ici), je vous ai parlé de la mésaventure de ma copine lors de son achat chez le Sports Experts de Rouyn-Noranda au début de l'été 2012.

Peu de temps après avoir affiché ma publication en ligne sur la page officielle Facebook de Sports Experts, ma copine décida de mettre en vente son vélo à un prix de 550$ sur le site de vente en ligne Kijiji, en étant prête à accepter un montant de 500$. Et tant qu'à y être, elle décida d'aller voir le gérant du Sports Experts pour voir si le magasin ne serait pas prêt à lui racheter pour la dédommager. 

C'est avec surprise qu'on lui a offert un montant de 450$ sous un format de certificat cadeau. Pour une différence de 50$ avec le seuil psychologique du 500$, ma copine décida que de régler le tout rapidement en valait le coup. Vite fait bien fait.

Quelques jours plus tard, nous avons reçu l'appel du propriétaire du magasin qui voulait nous aviser que la maison mère de Sports Experts l'avait contacté pour l'informé de ma publication sur les réseaux sociaux. C'est intéressant de voir la puissance des médias sociaux de nos jours lorsqu'il s'agit de l'image d'une entreprise! Je pense rapidement à l'histoire de Lassonde, de Ouipette ou d'Oasis. 

Dans notre cas, je dois admettre la bonne foi du Sports Experts qui décida de dédommager même avant de prendre connaissance de la publication sur les réseaux sociaux. 


vendredi 10 mai 2013

La triste histoire de ma copine et d'un magasin Sports Experts peu recommandable.

Note: il y a eu un arrangement avec le magasin Sports Experts de Rouyn-Noranda (ici)

C'était il y a un an à peine. Quelques semaines avant mon déménagement à Rouyn-Noranda, ma copine décida de s'acheter un vélo de route afin qu'elle puisse m'accompagner lors de mes sorties.

Débuta alors le magasinage d'un nouveau vélo de route! Ma copine n'ayant pas eu de vélo depuis sa 6e année au primaire, ses connaissances en vélo sont pas mal près de rien du tout, surtout en ce qui concerne les vélos de route. Elle décida donc de faire un peu le tour des magasins de vélos à Rouyn-Noranda. C'est une petite ville alors ça se résume à Intersport, Sports Experts et La source du sport.

N'étant pas sur place pour l'aider à magasiner, je lui conseille de regarder pour un modèle d'entrée de gamme. On est loin de la qualité des vélo hauts de gamme, mais pour quelqu'un qui s'initie à ce sport, c'est parfait. Les vélos de route sont des vélos qui se vendent normalement uniquement dans les magasins moindrement spécialisés, et quand ils ne sont pas en spéciaux, les modèles d'entrée de gamme se vendent disons 900$ à 1000$, ce qui n'est quand même pas une petite somme d'argent.

Je demande donc à ma copine de faire le tour des magasins, d'en identifier un ou deux dans chacun de ceux-ci, de prendre en note les spécifications techniques, et de m'envoyer le tout par email. Après quelques discussions, on se retrouve avec deux modèles. Un vélo Louis Garneau au Sports Expert pour environ 750$, et un vélo Specialized à La source du sport environ à 1100$ si ma mémoire est bonne. Évidemment le Specialized est de meilleure qualité, mais on paie évidement une petite taxe de luxe pour la maque plus prestigieuse.

Mon conseil est d'y aller avec le Louis Garneau, pour la simple et bonne raison que la qualité du vélo est suffisante pour ses besoins et ses capacités et que de toute façon, je ne crois pas qu'elle profiterait tant que ça du plus value du modèle Specialized.

Quelques semaines plus tard, c'est l'heure de notre première sortie de couple en vélo (joie!). Ça ne prend pas 5 km que je lui dis que je trouve son banc un peu bas et qu'elle devrait le monter "d'une bonne shot". Ma copine n'étant pas une cycliste dans l'âme et n'étant pas très à l'aise dans la position aggressive d'un vélo de route y va de façon assez conservatrice et le monte "d'une petite shot". C'est ben correct comme ça, je me suis dit qu'avec le temps elle gagnerait en assurance et qu'elle le monterait plus haut une prochaine fois. Je reste quand même surpris que son nouveau vélo me semble mal ajusté, n'étant pas trop capable de quantifier à quel point car je ne suis pas vraiment un expert en ajustements de vélo, mais assez pour me rendre compte que ça n'a pas de sens. "Pas de sens" qui se confirme quand elle me dit que le vendeur du Sports Experts qui lui a vendu le vélo lui a simplement dit pour l'ajustement que c'est normal d'être penché pas mal par en avant sur sur un vélo de route. Ordinaire.

La situation reste comme ça, on continue de faire du vélo de temps en temps mais vraiment pas régulièrement, la majorité de nos heures de sport étant consacrées au jogging. Finalement vers la fin de l'été, on décide de faire notre premier voyage de vélo, le tour du Lac St-Jean, une randonnée de 250 km environ. Bon challenge pour une première expérience du genre. Douleurs dans les genoux et dans les cuisses, difficulté à rouler à 25 km/h sur de longue distance, son expérience semble physiquement difficile, mais plaisante quand même à cause de l'excitation du voyage!

Vendredi 10 mai 2013, c'est l'heure pour ma copine d'aller chercher son vélo après l'entretient typique de début d'année. Nous décidons de faire affaire avec La source du sport pour ce tune-up. Je conseille à ma blonde de faire faire un positionnement sur son vélo, question qu'il soit correctement ajusté pour elle pour cet été. Le positionnement consiste à mettre le vélo sur un support, de prendre les mesures corporelles de son propriétaire (taille, grandeur des jambes, bras, etc.), de le faire assoir sur le vélo et d'ajuster le tout selon divers paramètres que je vous épargne.

Ma copine me téléphone depuis La source du sport, d'un air un peu en tabarnak, et me dit que le vélo qu'elle s'est fait vendre l'année dernière est trop petit pour elle. Le cadre est 8 cm trop petit pour elle. C'est énorme et il n'y a pas grand chose à faire pour l'accomoder. Le cadre est conçu pour quelqu'un de 5 pieds à 5 pieds 4, et ma copine mesure 5 pieds 8. Tiens donc! Tout devient si clair...

Deux heures plus tard, un vélo neuf ajusté parfaitement pour elle, et un vélo avec environ 500 km d'usure à vendre. La bonne nouvelle est que son ancien vélo est top shape, presque neuf et pratiquement pas usé, ça ne risque pas d'être difficile à vendre.

La morale de l'histoire, laissez-donc faire les Walmarts du sport comme Sports Experts quand c'est le temps d'investir dans de l'équipement spécialisé assez couteux.